La publication, hier, au ” Journal officiel “, de la loi en faveur du travail, de l’emploi et du pouvoir d’achat (dite ” Tepa “), promulguée mardi, donne le coup d’envoi à l’application de certaines de ses mesures fiscales. Quelques décrets sont encore attendus.
· Allégement des droits de succession et de donation
Les droits de succession sont supprimés pour le conjoint survivant, pour le partenaire lié par un PACS et pour les frères et soeurs de plus de 50 ans résidant depuis au moins cinq ans sous le même toit. L’abattement, pour les droits de succession comme pour les droits de donation, est relevé de 50.000 euros à 150.000 euros pour la part de chaque enfant, de chaque ascendant et de chaque personne handicapée. L’abattement est fixé à 7.500 euros pour les neveux et nièces, et il passe de 5.000 à 15.000 euros pour les frères et soeurs. En matière de donation, les partenaires liés par un PACS bénéficient des mêmes abattements et barèmes que les conjoints mariés. Les tranches des barèmes et les abattements sont revalorisés chaque année sur le modèle du barème de l’impôt sur le revenu. Ces abattements sur les donations restent applicables, comme aujourd’hui, une fois tous les six ans. Chaque ascendant peut donner une fois à chacun de ses descendants (et à ses neveux et nièces en l’absence de descendance), en espèces, jusqu’à 30.000 euros. Chaque donateur doit alors avoir au plus 65 ans et chaque donataire au moins 18 ans. La loi s’applique aux successions ouvertes (c’est-à-dire aux décès constatés) et aux donations consenties depuis hier, jour de la publication de la loi.
· Plafonnement des impôts directs à 50 % des revenus
Si les impôts directs versés en 2006 et 2007 (impôt sur le revenu, ISF, taxe foncière et taxe d’habitation sur la résidence principale, CSG, CRDS et prélèvements sociaux) excèdent 50 % des revenus perçus en 2006, le contribuable pourra demander une restitution du trop-versé à compter du 1er janvier 2008.
· Réduction d’ISF pour les investissements dans les PME
Les contribuables peuvent réduire leur impôt de solidarité sur la fortune (ISF) à hauteur de 75 % des souscriptions au capital initial ou aux augmentations de capital de PME (et de holding) absentes d’un marché réglementé, dans la limite de 50.000 euros. Les titres doivent être conservés au moins cinq ans. Pour une réduction de l’ISF versé le 15 juin de l’année n, l’investissement doit être réalisé entre le 15 juin de l’année n - 1 et le 15 juin de l’année n. L’investissement dans une PME du redevable, de son conjoint, de son partenaire lié par un Pacs ou de son concubin notoire n’est pas autorisé. La même réduction est consentie pour les dons aux organismes d’intérêt général (fondations, entreprises adaptées ou d’insertion, Agence nationale de la recherche, organismes de recherche publics ou privés d’intérêt général et à but non lucratif, établissements d’enseignement supérieur ou artistique…). L’acquisition de parts de fonds d’investissement de proximité (FIP) est autorisée, mais la réduction d’ISF est alors limitée à 50 % des montants investis, dans la limite de 10.000 euros. Le cumul des dons et investissements est autorisé, mais dans la limite d’une réduction totale d’ISF de 50.000 euros.
· Abattement supplémentaire d’ISF sur la résidence principale
L’abattement de 20 % autorisé sur la résidence principale pour évaluer le patrimoine assujetti à l’ISF est relevé à 30 % à compter du 1er janvier 2008. Le délai de prescription passe de dix à six ans.
· Imposition des dons de stock-options
Les plus-values réalisées lors de la vente des stock-options attribuées à compter du 20 juin 2007 ne seront plus exonérées d’impôt sur le revenu en cas de don ou d’héritage.
· Encadrement des parachutes dorés
Les éléments de rémunération, indemnités et avantages des dirigeants doivent être liés à leur performance et à celle de l’entreprise.